Le Samedi 90 décembre 2017, le RADI a organisé un atelier de partage avec les décideurs et OSC de la région de Kolda, des résultats de la recherche dans le cadre du projet de recherche-action « Violences sexuelles et accès à la justice pour les femmes rurales d’Afrique de l’Ouest » Mauritanie et Sénégal, exécuté avec l’appui technique et financier du CRDI.

 

Pour rappel, ce projet a pour objectif de contribuer à l’amélioration de l’accès à la justice pour les femmes victimes et la prévention de ce fléau.

 

La pertinence de ce projet repose dans sa volonté de susciter le changement social et de bousculer les normes sociales en proposant des solutions alternatives viables à partir des connaissances scientifiques coproduites avec les femmes bénéficiaires et leur communauté.

 

Cette recherche, menée dans 4 communes de la région de Kolda, Bagadadji, Bonkonto, Coumbacara et Ndorna, a interrogé 469 personnes, dont 330 femmes, à travers la triangulation des méthodes qualitatives et quantitatives et la combinaison des données primaires et secondaires.

 

Enseignements clés :

  • Types de violences les plus répandus

Consommation du mariage précoce ; Consommation du mariage forcé ; Viol ; Viol conjugal ; Pédophilie ; Attouchements ; Harcèlement sexuel.

 

Taux très élevé de grossesses précoces qui sont généralement conséquences de mariages précoces et viols

 

  • Taux de prévalence des violences des violences sexuelles :

Sur les 330 femmes interrogées dans les 4 communes, 46 sont victimes directes. Le taux de prévalence est ainsi 10% selon les données primaires ;

 

A l’échelle de la région de Kolda : le taux varie entre 50% et 60% des cas de VBG enregistrés par les services judiciaires entre 2012 et 2016.

 

Sur les 469 répondants, 27, soit 6%, sont des proches de victimes et 102, soit 22%, disent avoir connaissance de cas de violences sexuelles dans leur zone.

 

Malgré la forte prévalence et l’existence d’un arsenal juridico-légal important, l’accès à la justice pour les femmes victimes demeure l’un des défis majeurs auxquels le Sénégal fait face.

 

Constat : banalité et impunité des violences sexuelles, la ruralité comme facteur aggravant.

 

  • Cycle de l’impunité des violences sexuelles dans cette région :
  • Déni/Culture du silence/Normes sociales genrées ;
  • Duplicité des systèmes de justice, avec une justice informelle privilégiant la médiation et en concurrence avec la justice formelle ;
  • Eloignement/Enclavement des zones cibles/Déficit d’infrastructures judiciaires, de structures de santé et de personnel ;
  • Pauvreté, en particulier féminine ;
  • Lancinante question des preuves ;
  • Distorsion entre situation de facto et de juré dans la conduite de la loi par les acteurs du système judiciaire, peu formés à l’accueil et au traitement des questions de violences.

 

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